Onze pages et un sonomètre

Le rendez-vous était fixé à 9h00, en bas de l'escalier du 96 quai de la Mairie. Nathalie Dubois, qui signe les devis à l'atelier, a vu passer le groupe depuis la fenêtre de l'étage. Les sept plaignants ont mesuré le bruit de la circulation et des livraisons matinales pendant vingt-deux jours, du 15 juin au 6 juillet, avec un appareil prêté par un voisin ingénieur du son. Le relevé le plus élevé atteint 71,4 décibels à 6h52, un mardi, au niveau du passage piéton qui mène vers le boulevard Gambetta.

Aucun des signataires ne demande l'arrêt des tournées de livraison. Ils demandent un décalage.

Le dossier comprend aussi des photographies datées, prises depuis trois balcons différents, montrant la poussière déposée sur les appuis de fenêtre après le passage des camions. L'une d'elles porte la mention manuscrite du 2 juillet, veille de marché.

Onze pages et un sonomètre

Ce que la mairie répond

Le service municipal en charge du cadre de vie a accusé réception le lendemain, par courriel, et annoncé un passage sur site avant la fin du mois. Camille Simon, qui suit l'administration à l'atelier, a accompagné deux habitantes au guichet. Aucune date précise n'a été communiquée à ce jour, et personne ne sait encore si un capteur fixe sera installé.

Une réunion de quartier est déjà programmée le 24 septembre à la maison de quartier des Beaux-Arts. Le constat y sera présenté.

Quatre rues concernées

Les mesures ne portent pas seulement sur le quai. Quatre rues du secteur figurent dans le relevé : la rue Nationale, la rue de la République, l'avenue Feuchères et le quai lui-même. Les plaignants y ont noté les mêmes créneaux, entre 6h30 et 7h30, puis entre 16h00 et 18h00. Sur ces plages, la moyenne relevée tourne autour de 63 décibels, ce qui reste en dessous du seuil réglementaire mais nettement au-dessus du niveau habituel d'une rue résidentielle calme en fin de matinée.

Les habitants demandent une chose simple : que l'on compare avant et après.

À l'atelier, on suit le dossier

Julien Martin, qui reçoit le public au 96 quai de la Mairie, confirme que la question revient souvent au comptoir. « On nous parle du bruit avant de parler d'un meuble », dit-il. L'atelier travaille le bois depuis 1998 à cette adresse, sans intervention sur chantier, et se trouve donc directement concerné par ce qui se passe dans la rue. Les livraisons de l'entreprise passent par la même portion de quai, entre 8h30 et 15h00 selon les jours.

Personne ici ne se prononce sur le fond du dossier. Le constat appartient aux riverains.

Ce qui change dès maintenant

Le dépôt du dossier a produit un effet immédiat et modeste : la mairie a confirmé qu'un agent passerait avant le 31 juillet, et les signataires ont créé une adresse courriel commune pour centraliser les nouvelles mesures. Trois habitants ont déjà recommencé à relever les niveaux, cette fois sans sonomètre prêté, avec une application mobile dont ils reconnaissent eux-mêmes la limite.

Le quai reste ouvert, les camions passent toujours. La différence tient dans un classeur de onze pages qui existe désormais, daté, signé, déposé contre récépissé.