Le cahier ouvert le 14 mars 2011

Le cahier relié qui sert de référence a été ouvert le 14 mars 2011.

Avant, seules les factures existaient. Aucune mesure du bois, aucun relevé des retouches. L'achat d'une balance de 150 kilos et d'un humidimètre à sonde a tout changé, et c'est Nathalie Dubois, qui établit les devis, qui a imposé la règle, un peu par lassitude des discussions sans chiffres avec les clients du quartier des Arènes, où chaque désaccord sur une teinte finissait par se régler à la voix, sans qu'aucune trace écrite ne permette de trancher.

Elle note chaque entrée en trois lignes.

Sur 2011-2024, 1 847 pièces ont été enregistrées, dont 1 612 livrées sans retour. Le reste se répartit entre reprises sous garantie légale, ajustements à la demande et, pour 28 pièces, des abandons purs et simples. Le chiffre de 28 compte les commandes interrompues en cours de fabrication, souvent après un changement de logement. Nous ne l'avons jamais caché.

Le cahier ouvert le 14 mars 2011

Étagères en chêne : 340 pièces suivies

Entre janvier 2019 et décembre 2021, Camille Vincent a suivi 340 étagères murales en chêne massif, livrées secteur Gambetta, route d'Alès et quartier Pissevin.

La mesure portait sur la flèche maximale sous charge.

Sur les 340 pièces, 291 sont restées sous 1,4 millimètre de déformation, seuil au-delà duquel le client voit la courbure à l'œil nu.

Quarante-neuf ont dépassé ce seuil, dont 31 posées sur pierre tendre avec chevilles à frapper. Le support a bougé avant l'étagère, ce que l'humidimètre n'avait pas détecté, et depuis 2022 l'atelier refuse toute fixation sur pierre tendre sans passage préalable d'un maçon, restriction qui a fait perdre 14 commandes en deux ans. Camille Vincent note aussi que six étagères en chêne de récupération, plus dense, ont fléchi moins que prévu, mais que leur usinage a demandé 40 % de temps en plus.

Caisses et coffres : 9 retours sur 96

Les coffres et caisses cloutées ont leur propre suivi.

Sur 2022 et 2023, 96 caisses en peuplier et châtaignier ont été livrées à des particuliers et à deux associations du quartier Riquier. La mesure est simple : retours pour fente sur les panneaux latéraux dans les 18 mois.

Neuf caisses sont revenues, soit 9,4 %.

Le point net est apparu sur le châtaignier séché à l'air, dont trois lots venaient d'une scierie de Générac. Ces trois lots ont produit 6 des 9 retours, alors qu'ils ne représentaient que 22 % des volumes. Le séchage annoncé n'était pas homogène. L'atelier a cessé de travailler ce fournisseur en novembre 2023, sans communiqué, et a racheté 0,8 mètre cube chez un revendeur de Saint-Césaire, à un prix supérieur de 19 %. La qualité est remontée, la marge a baissé.

Restauration : 214 meubles, 22 problèmes

La restauration représente environ un tiers de l'activité.

De 2019 à 2024, 214 meubles ont été repris, principalement des buffets et des tables du XIXe siècle apportés par des habitants du centre-ville et de la route de Sauve. Sur ces 214, 178 ont retrouvé un usage quotidien selon le retour des propriétaires, contactés par téléphone six mois après livraison.

Vingt-deux meubles ont posé des problèmes d'assemblage après 12 à 30 mois. La cause la plus fréquente : des colles modernes appliquées sur des bois déjà traités anciennement, dont la nature restait inconnue.

Dans 7 cas, la réparation a été reprise sans frais, dans les limites du droit commun. Quinze clients ont choisi de ne pas faire revenir la pièce. Sept meubles ont été jugés irrécupérables et rendus en l'état, avec un compte rendu écrit remis en main propre. Camille Simon, à l'administration, en conserve une copie classée par année.

Délais : 12 jours en moyenne

Le délai moyen entre l'accord sur le devis et la livraison s'établit à 12 jours ouvrés sur 2023-2024, calculé sur 268 commandes. La médiane est plus basse, à 9 jours, parce que quelques chantiers longs tirent la moyenne.

Le plus long délai enregistré est de 41 jours ouvrés, pour un vaisselier en noyer dont le placage a demandé trois essais.

Les retards de plus de 20 jours ont concerné 19 commandes : 11 pour rupture d'approvisionnement en quincaillerie laiton, 5 pour maladie, 2 pour erreurs de cote relevées trop tard, 1 pour un déménagement en pleine fabrication. Aucun n'a donné lieu à indemnité, faute de clause prévue.

Julien Martin, à l'accueil, prévient chaque client que le délai annoncé n'est pas une date ferme, mais une estimation fondée sur les 268 commandes précédentes, révisée une fois par trimestre, et que les aléas d'approvisionnement en laiton restent la cause la plus fréquente d'un glissement de calendrier.

Trois essais arrêtés

Trois activités ont été testées puis arrêtées.

Entre septembre 2021 et juin 2022, l'atelier a proposé des modules de rangement en contreplaqué de bouleau, vendus 145 euros pièce. Sur 62 unités produites, 38 ont été vendues et 12 sont revenues pour gonflement des chants près des éviers. Le produit a été retiré du catalogue en juillet 2022.

Un essai de cadres photo en série, lancé en 2020, a plafonné à 84 unités sur l'année pour un objectif de 300, et a été abandonné sans remplacement. Une prestation de conseil en agencement, facturée 60 euros l'heure, n'a attiré que 7 clients en huit mois. Elle a cessé faute de demande, et non par choix stratégique. Ces trois échecs figurent au cahier, avec les sommes engagées : 4 120 euros au total, non récupérés.

Fidélité dans un rayon de 3 kilomètres

Le taux de retour de la clientèle est mesuré sur les commandes de plus de 300 euros. Sur 2024, 38 % des clients avaient déjà commandé au moins une fois depuis 2018. La fidélité atteint 51 % dans un rayon de 3 kilomètres autour du quai de la Mairie, et 17 % au-delà de 15 kilomètres.

L'atelier n'expédie pas.

Toute pièce est remise au 96 quai de la Mairie, 30900 Nîmes, du lundi au jeudi de 8h30 à 17h30 et le vendredi de 8h30 à 15h00, week-end fermé. Les demandes passent par le 04 20 84 73 51 ou par [email protected], et le site sirkeerhubio.click rappelle ces horaires. Sirkeerhubio EURL, opérateur de l'atelier, travaille depuis 1998 et ne propose aucun service médical, financier, juridique ou éducatif, et n'intervient ni sur véhicule, ni sur installation électrique, ni sur circuit frigorifique.