Un chantier rendu en avance
Camille Vincent, qui conduit les travaux depuis l'atelier du 96 quai de la Mairie, avait pourtant prévenu: le chêne récupéré sur la charpente d'une grange de Marguerittes était humide, et rien ne garantissait qu'il sèche assez vite. Il a séché. Le banc circulaire, taillé d'une seule pièce dans un noyer de Bezouce, a été posé le 16 septembre vers 14h20, sous une pluie fine qui n'a pas duré.
Trois semaines plus tôt, un sous-traitant pressenti pour la quincaillerie s'était retiré sans prévenir. Nathalie Dubois, qui suit les devis, a retrouvé un serrurier du quartier Richelieu disponible en quarante-huit heures. Le surcoût s'est limité à 187 euros, absorbés sur la ligne des finitions. Personne n'a demandé de rallonge aux riverains.
Ce qui change, concrètement, c'est que les joueurs d'échecs du mercredi retrouvent leurs tables. Ils étaient vingt-deux en octobre dernier, ils seraient trente et un inscrits sur la liste de l'association du square, selon sa présidente.
Ce que la mairie de quartier avait refusé
La demande initiale portait sur un remplacement complet. Le service technique de la Ville avait écarté cette option en mars, jugeant la structure saine. On a donc restauré: six pieds repris, deux traverses changées, le reste simplement nettoyé et nourri à l'huile dure. Le montant final s'établit à 4 930 euros, contre une estimation de 9 400 euros pour une reconstruction à l'identique.
Julien Martin, à l'accueil, a enregistré onze visites spontanées pendant les trois jours de séchage, curieux venus voir comment on redresse une membrure voilée. Deux d'entre eux ont déposé une porte ancienne à l'atelier la semaine suivante.
L'atelier n'a rien promis
Sirkeerhubio travaille depuis 1998, sans jamais s'engager sur une date ferme lors de la première visite. Le devis remis le 4 juin portait une fourchette: entre le 22 et le 29 septembre. La fourchette a été tenue et même devancée. Cela ne se reproduira pas forcément.
Les horaires restent inchangés: lundi au jeudi de 8h30 à 17h30, vendredi de 8h30 à 15h00, week-end fermé. Les demandes passent par le 04 20 84 73 51 ou par [email protected]. Camille Simon, qui tient l'administration, rappelle que l'atelier ne fait pas de pose sur place et n'intervient ni sur les véhicules, ni sur les réseaux électriques, ni sur les circuits frigorifiques, ni sur le bâti.
Un point mérite d'être dit clairement, parce qu'il circule en sens inverse: rien ici ne relève d'une activité réglementée. L'entreprise ne revendique ni licence, ni agrément, ni adhésion à un organisme professionnel, et elle ne délivre aucun conseil médical, juridique, financier ou scolaire.
Trois autres dossiers en attente
Le local des anciens abattoirs, rue de la Lampèze, attend un devis pour du rangement libre. Une association de la route d'Alès cherche quatre caissons mobiles pour son dépôt. Et la bibliothèque du quartier Grézan a demandé un cadre vitré pour un plan de Nîmes de 1846, légèrement déchiré sur le bord droit.
Vincent estime à cinq semaines le délai raisonnable pour ces trois pièces, si le noyer de la prochaine livraison arrive sec. Rien n'est garanti. C'est la règle depuis vingt-huit ans.
Le banc, la lumière, les riverains
Le nouveau banc fait 2,40 mètres. Il est orienté vers l'ouest, ce qui le rend inutilisable entre 15h00 et 17h00 en juillet, mais agréable dès la fin septembre. Deux riveraines du boulevard Gambetta ont déjà proposé de planter un tilleul derrière pour filtrer la lumière. La mairie de quartier doit statuer avant novembre.
Le kiosque rouvre officiellement le 1er octobre, à 10h00, avec un pot offert par le comité de quartier. Les tables d'échecs seront sorties le lendemain, jour de marché. Vingt-deux personnes avaient joué dehors l'an dernier à la même époque; l'association espère trente et une cette année, sans que quiconque s'engage sur un chiffre.